Quel niveau pour devenir nageur-sauveteur ?


On pense souvent qu’un nageur-sauveteur est surhumain et qu’il a un passé de  champion olympique et des années de pratique derrière lui. Pour certains, ce travail est même exclusivement réservé aux maîtres-nageurs (non mais la discrimination ici…).

Cependant, bien qu’il y ait beaucoup d’anciens nageurs sur les plages, ce n’est pas une condition nécessaire. En effet, pour pouvoir exercer en tant que nageur sauveteur il suffit d’obtenir le BNSSA et quelques diplômes de secourisme (rien de bien méchant je t’assure).

Dans cet article, je vais donc t’expliquer pourquoi il n’est pas nécessaire d’avoir le niveau de Michael Phelps lorsque l’on veut devenir nageur-sauveteur. J’espère d’ailleurs, te convaincre de te jeter à l’eau !

Nageur-sauveteur n’est pas nageur :

Quand on voit des nageurs-sauveteurs sur la plage on les imagine prêts à sauter à l’eau à la moindre occasion. Cependant il faut bien comprendre que la majorité de leur travail se passe sur la terre ferme ou à bord d’une embarcation. En effet, les interventions qui nécessitent que le sauveteur nage jusqu’à la victime sont rares, voire inexistantes si une surveillance efficace est mise en place (mais ce sera le sujet d’un autre article).

Le nageur-sauveteur est bien plus qu’un simple nageur. Il a un domaine de compétence beaucoup plus large et une capacité d’adaptation importante.

Bien sûr, il y a les compétences de secourisme. Ce n’est pas un temps de 50 secondes au 100m Nage Libre qui va réanimer une personne en arrêt respiratoire. Le nageur-sauveteur a appris des techniques de secourisme optimales et des procédures à suivre pour chaque cas. De plus, il a une certaine « culture » des symptômes (dès ses premières formations) qui augmente  d’ailleurs avec l’expérience. Je veux dire par là qu’il peut émettre des hypothèses (plus ou moins fiables) sur l’origine des symptômes rencontrés. Grâce à cela, il peut agir plus rapidement et efficacement qu’un néophyte et ainsi gagner un temps précieux lors d’une intervention.

Ensuite il y a l’utilisation du matériel. Ça ne s’invente pas vraiment, tu sais conduire un bateau ou non, tu sais récupérer un homme à la mer ou non. Le nageur-sauveteur va apprendre toutes ces techniques qui vont lui permettre d’utiliser le matériel mis à sa disposition de manière optimale. Bateau, rescue board, bouée tube, filin ou même brancard, autant de matériel à découvrir et à apprivoiser !

Enfin un nageur-sauveteur se doit d’être humain et professionnel en toutes circonstances. Il faut être à l’écoute, savoir adapter son langage, sa posture… Le nageur-sauveteur est soumis au secret professionnel. De plus il doit également agir avec respect et sans poser de jugement personnel sur la situation. De plus, travaillant souvent en équipe, un esprit d’équipe fort et certaines compétences managériales ne sont pas superflus.

Étude de cas personnelle :

Personnellement je n’étais pas nageur à la base (actuellement non plus d’ailleurs), lorsque j’ai voulu passer mon diplôme je faisais plutôt du judo. Bien sûr, étant plus jeune j’ai appris, comme beaucoup, à « ne pas couler » mais pas réellement à nager en fait (la nuance est importante).

Il faut noter que j’adore l’eau, je n’en ai jamais eu peur et je pourrai rester dans l’eau des heures. La formation sera forcément plus difficile pour les personnes qui n’aiment pas se mouiller, mais bon, passe le BAFA alors !

Mon niveau de natation était correct mais je n’avais aucune notion technique avancée. Rien mise à par les célèbres : « Souffle par le nez quand tu as la tête sous l’eau ! » ou encore « Va chercher plus loin avec ton bras ! ». Tout ce que l’on peut retrouver dans une séance de club (éducatifs, matériel ou vocabulaire) m’étaient totalement inconnus.

Je savais « bien » nager le crawl et la brasse Cependant, 25m de papillon était pour moi synonyme d’enfer et je détestais le dos (c’est toujours le cas pour le dos). Ma condition physique ne m’aidait pas à avoir des millions d’abonnés sur Instagram et pourtant j’ai réussi.

J’ai dû faire preuve d’engagement, je te l’accorde, mais en une année, j’ai pu tout valider. Épreuves physiques, maîtrise du secourisme et pilotage d’un bateau. Et tout ça en plus des nombreux textes appris par cœur pour le bac de français !

Aujourd’hui, mes trois premières saisons se sont déroulées à merveille malgré mon niveau moyen en natation.

Conclusion : 

J’espère que tu l’as compris, un nageur sauveteur est bien plus qu’un simple nageur.  Tu peux être un excellent nageur-sauveteur grâce à ton savoir en secourisme, ton sens du contact ou encore vos magnifiques drifts en bateau. Le travail en équipe permet que chacun puisse compléter les autres et apporter son expérience.

Reste ouvert, travaille tes points forts tout comme tes points faibles et devient le Mitch Buchannon de ta plage !

[DISCLAIMER] : Un niveau physique minimal est cependant conseillé pour travailler sur les plages. Pas d’inquiétude,  les épreuves du BNSSA sont là pour ça 😉

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